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antimeta

La résistance s'organise.

Mots

Le vocabulaire de travail de ce site. Six termes, définis pour être employés — et pour pouvoir être contestés. Un point orange marque les deux notions centrales.

processus

Capture

Processus par lequel une forme construite pour l'émancipation — un commun, une coopérative, une pratique alternative — est progressivement réorientée au service d'intérêts dominants : par les conditions de financement, les normes d'agrément, la dépendance institutionnelle, ou la redéfinition des critères de légitimité.

La capture n'est presque jamais un fait accompli d'emblée. C'est un processus, donc une chose qui a des étapes, une vitesse, et des points où elle peut encore être enrayée. C'est pourquoi l'analyse cherche toujours à situer où en est une trajectoire, pas seulement à constater son état.

Voir aussi : Trajectoire de normalisation, Réversibilité

processus

Récupération

Variante de la capture opérant au niveau du signe : un discours, une pratique ou un nom subversif est absorbé dans le vocabulaire ou les structures dominantes, vidé de sa charge critique tout en conservant l'apparence de résistance.

La distinction avec la capture est opératoire : la capture agit sur les conditions d'existence, la récupération sur le signe. Un collectif peut garder son nom, son vocabulaire et ses affiches tout en ayant perdu ce qu'ils désignaient — et c'est précisément ce qui rend la récupération difficile à nommer de l'intérieur.

Voir aussi : Capture

analyse

Forme-protection / forme-contrôle

Une même forme juridique ou organisationnelle peut fonctionner en protection — elle blinde le collectif contre des pressions extérieures — ou en contrôle — elle impose des contraintes qui servent les intérêts du régulateur ou du financeur. Le passage d'un mode à l'autre est la dynamique centrale à surveiller.

Conséquence pratique : aucune forme n'est bonne ou mauvaise en soi. La question utile n'est pas « quel statut choisir » mais « dans quelles conditions ce statut protège, et à partir de quand il contraint ».

Voir aussi : Réversibilité

analyse

Oligarchie de fait

Configuration dans laquelle une structure se dit horizontale ou participative mais concentre de fait le pouvoir sur un sous-groupe — par contrôle de l'ordre du jour, monopole de la mémoire institutionnelle, accès différentiel à l'information, ou disponibilité asymétrique.

Référence : Jo Freeman, « La tyrannie de l'absence de structure » (1970). L'absence de structure formelle ne supprime pas le pouvoir, elle le rend seulement illisible — et donc incontestable.

processus diachronique

Trajectoire de normalisation

Processus par lequel un mouvement, une pratique ou une forme alternative perd sa charge subversive par intégration progressive aux institutions : labellisation, subventionnement, inclusion dans les politiques publiques.

L'analyse distingue quatre états — autonomie, légitimation, intégration, absorption — pour identifier où l'autonomie peut encore être préservée. C'est ce que porte la barre de trajectoire affichée en tête de chaque analyse de ce site.

Voir aussi : Capture, Réversibilité

critère d'analyse

Réversibilité

Critère de résistance à la capture : un montage, une gouvernance ou une pratique est résilient dans la mesure où le collectif peut en sortir ou le redéfinir sans coût prohibitif.

Test opératoire, en une question : qui peut défaire, à quel coût, et au profit de qui ? Une forme irréversible n'est pas solide, elle est seulement verrouillée — et le verrou finit toujours par être tenu par quelqu'un.

Voir aussi : Forme-protection / forme-contrôle, Trajectoire de normalisation